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:: Journal d'apocalypse ::

 
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Tit'h
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MessagePosté le: Dim 10 Aoû - 18:39 (2008)    Sujet du message: Journal d'apocalypse Répondre en citant

Aujourd’hui, j’ai perdu ma raison d’être. Ce qui me faisait me lever le matin et me coucher avec une once de fierté à la nuit tombée. Cela faisait 15 ans déjà… Je tenais le rôle d’instit du quartier de New York où j’ai élu domicile depuis seize ou dix-sept ans.
Au début, c’est vrai, les gens du coin se sont méfiés de moi. Eux qui étaient parvenus à maintenir un semblant de sécurité dans leur voisinage, organisés en milice d’autodéfense, équipés de bric et de broc qu’ils avaient trouvé dans les décombres d’une caserne abandonnée proche, ces familles organisées en communauté de ravitaillement, bien sûr qu’ils m’ont regardé m’installer dans leur quartier avec méfiance. Moi, un étranger, quand eux se connaissaient depuis des dizaines d’années. Mais après un certain temps d’observation, de brimades, ils se sont habitués à moi. Plus, ils se sont rendu compte que je ne suis guère différent d’eux.
Ce matin, comme un matin sur deux, je donnais la classe aux enfants (une quarantaine, âgés de quatre à treize ans environs). Ça s’est passé alors que j’étais allé pisser dans la cabane en bois du bout de la rue. J’y allais relativement à heure fixe. Par habitude bien sûr, et aussi parce que je savais que les gamins aimaient bien ces moments où je leur lachais la grappe, où ils étaient seuls, sans adultes, sans corvées. Je sais qu’ils faisaient des bêtises, tout en guettant mon retour. Alors je prenais mon temps. Je faisais ce que j’avais à faire, parfois je fumais une cigarette quand il y en avait au ravitaillement ou qu’un parent content des progrès de son enfant m’offrait quelques brins de tabac de son propre cru. Et puis j’attendais un peu. Sous les fenêtres de la pièce où nous nous retrouvions. Quand je décidais que la récréation avait assez duré, je toussais bruyamment, ou me mettais à chanter assez fort pour qu’ils m’entendent. Et ils reprenaient leur calme. Et je rentrais dans la salle comme si de rien était. Aucun d’eux n’était dupe. C’était un jeu entre eux et moi dont les règles, quoique tacites, étaient clairement définies et intégrées.
Ce matin je n’ai pas eu ce plaisir. Ni eux non plus. J’étais encore en train de pisser quand j’ai entendu une explosion. Je me suis précipité dehors. La maison où étaient rassemblés les mômes avait disparu. Il ne restait qu’un tas de débris fumants et quelques bouts de chaires carbonisées ou de vêtements en lambeaux. Tous morts. Aujourd’hui, j’ai perdu ma raison de vivre. Je ne suis plus moi. Je ne suis même plus certain d’être quelqu’un.
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MessagePosté le: Dim 10 Aoû - 18:39 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Tit'h
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MessagePosté le: Lun 11 Aoû - 13:57 (2008)    Sujet du message: Journal d'apocalypse Répondre en citant

Vendredi 24

J’étais un homme qui cherchait à survivre. Et j’ai décidé que le seul moyen qui s’offrait à moi était de me joindre à une société. Je ne suis en effet pas très débrouillard. Je tire mal (pour les rares fois où j’ai eu une arme entre les mains), je m’évanouis lorsqu’il est question de bricolage. Je suis aussi discret qu’un rauk musqué en rut dans une voiture. Bref… Je suis incapable de survivre tout seul. Avant d’atterrir ici, je travaillais dans un bureau sous les ordres d’un responsable du renseignement dans l’armée régulière. En fait, ma tâche était de coder certaines transmissions vitales et, pour que ces codes soient efficaces, il m’incombait de les faire évoluer, voir d’en créer de nouveau. Crypteur, cela s’appelle. Et puis, ce sont des choses qui arrivent en temps de guerre, nous avons été attaqués. Je ne sais pas s’il y a eu des survivants (à part moi). Je me suis enfui dès que nos agresseurs sont partis. Je n’ai aucune idée de qui ils étaient. J’ai fait la route de Washington à New York. Seul. Si vous vous demandez comment j’ai pu survivre sur ces routes, je vous répondrai que je me le demande moi-même. Je veux croire que j’ai eu de la chance.
Quand enfin ils m’ont accepté, ceux qui sont à présent mes voisins, mes amis (oui, je crois qu’on peut le dire) se sont aperçus que je savais lire et écrire, et même compter. Et eux m’ont trouvé une utilité. C’est fou comme la responsabilité de gamins peut faire réfléchir, rendre inventif. Moi, tout seul, il ne me serait jamais venu à l’idée que je pouvais être utile. Du moins pas comme ça. Mais eux ont tout de suite considéré que j’étais une ressource inéstimable pour leur société. Alors ils m’ont bichonné, m’ont offert un toit – pas le luxe, mais la sécurité – et ils ont même décidé de me nourrir… En partant de rien, ou si peu, ils ont réinventé les bases d’un système éducatif pour leurs enfants. Pour leur quartier. Pour sa survie quoi. Ils ont pensé que celle-ci ne se gagnait pas seulement une arme à la main ou en posant des caméras, ou en volant un groupe plus faiblement organisé. Ils ont décidé que leur survie, leur survivance pourrait-on dire, passait également par un développement intellectuelle. Je ne sais pas du tout où ils sont allé chercher ça. Mais je suis bien forcé d’admettre que cette vision des choses m’a redonné espoir en l’homme et en son avenir. Mais tout ça n’est que ruines et décombres maintenant.

On n’a pas encore trouvé la cause de l’explosion. Des groupes d’enquêtes sont partis dans les quartiers voisins afin de glaner des renseignements qui pourraient faire la lumière sur cette tragédie. Ici, dans le quartier je veux dire, le désespoir est à son comble. Plus de dix ans de persévérance, d’accouplements, d’éducation, avec tout ce que cela implique comme investissements humains et matériels, sont partis en fumée en quelques secondes. Une famine humaine vient de s’abattre sur notre communauté. Toutes les familles sont endeuillées. Toutes les personnes fertiles ont perdu au moins un enfant. Et il n’y a pas toujours de nouveau-né pour le remplacer. Et quand bien même. Le temps de les élever, il sera peut-être déjà trop tard.
Hier, avec l’aide des trois Globorks qui constituent la seule présence mutante du quartier (ils ne parlent que très peu et très mal, et pas volontiers, je ne sais donc rien de leurs propres parcours), un groupe d’une vingtaine de personnes a fouillé les décombres à la recherche d’hypothétiques survivants et du peu de matérielle récupérable (hormis les gravats qui eux sont légions). C’est à cette occasion que j’ai pu me procurer le papier sur lequel j’écris et quelques bouts de fusain. Je vais essayer de tenir un journal régulier de ma vie et de celle de mes voisins en ces heures sombres.
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MessagePosté le: Jeu 14 Aoû - 10:15 (2008)    Sujet du message: Journal d'apocalypse Répondre en citant

Samedi 25

Je ne suis pas certain de mes intentions. Je veux dire… je ne sais pas trop ce que j’attends de ce journal que je tiens depuis déjà trois jours. Ni quelle finalité je lui donne. Ou suis en droit de lui donner. Ça me paraît parfois complètement absurde d’être là, assis dans une pièce peu éclairée qui sent le souffre et la moisissure, à gribouiller du papier avec mes pensées alors que… l’horreur. Est-ce que je ne devrais pas plutôt balancer ce carnet au feu et participer à la recherche des coupables, au soutient des familles ? On ne me demande plus rien ici. Ma raison d’être n’est plus. Oh, je n’ai pas peur pour moi. Il n’y a aucune animosité à mon encontre. Plutôt de la pitié. C’est cela… Les autres me considèrent désormais de la même façon, me regardent avec les mêmes yeux désolés qu’ils réservaient avant aux mutilés, aux handicapés. Je ressent… Dans leurs pensées, c’est comme si j’avais perdu mes jambes ou mes bras. Ça m’agace. J’aimerai me rendre utile. Mais je sais qu’ils ont raison. Mes capacités sont des plus limités à présent. Alors finalement, je me rassure en écrivant. Je suis le seul qui puisse encore le faire. Je donne une mémoire à ces gens. Je nous donne une mémoire. Une Histoire. Comme celle des livres où j’ai eu la chance d’étudier. Sauf qu’il n’y a plus dans cette Histoire de RDPI ou de famille Dalarmo. Elles sont remplacées par Dan, Ergfa ou Val… Il n’y a plus d’espèces humaines ou mutantes. Il n’y a plus que des individus. Et leur héritage génétique importe encore moins aujourd’hui que jusqu'à mercredi dernier. Tous pareils. Et moi aussi. Tous amputés d’une partie de nous même. Tous spoliés de nos espoirs. Libérés de nos espoirs.
Pas de nouvelles des équipes d’investigations comme je les surnomme moi-même. De temps en temps, des échanges de coups de feu résonnent au loin sans qu’il soit possible de déterminer si ils impliquent les notres. On m’a donné une arme tout à l’heure. Une vieille chose. Mais suffisante pour ce que j’ai à en faire. Comme malgré tout je suis encore valide dans l’acceptation physique du terme, il a été décidé que je participerai à la défense de la zone est. Je suis donc en faction dans un poste de garde (une ruine irrécupérable en périphérie des habitations) avec une autre personne – une fille nommée Lishça – et un fusil à canons sciés juxtaposés. Lishça est encore une jeune fille – cela ne fait que cinq ans environs qu’elle a quitté ma classe – mais elle est déjà enceinte. Pas de beaucoup. Juste ce qu’il faut pour rebondire légèrement son ventre. D’ici quelques semaines, elle sera retirée des opérations d’ordre « militaires ». Mais elle a insisté pour continuer ses activités habituelles le plus longtemps possible.
La journée a été calme. Rien à signaler sinon une infiltration déjouée d’un petit groupe de métarats. Nous n’avons eu qu’à tirer en l’air pour les faire détaller à vive allure. Ils n’ont pas rettenté de passé. Je m’arrête d’écrire pour ce soir. Lishça vient de se réveiller et va prendre son tour de garde. À mon tour d’aller dormir.
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MessagePosté le: Lun 25 Aoû - 10:58 (2008)    Sujet du message: Journal d'apocalypse Répondre en citant

Dimanche 26

La nuit a été courte. Le sommeil s’est fait rare, retenu loin de moi par des images terribles de désolation. J’ai passé une partie de mon temps de repos à me retourner sans cesse sur ma paillasse. Et puis j’ai observé Lyshça durant sa garde. Elle est mignonne, les cheveux longs presque blancs, la taille fine et les fesses rebondies. Belle malgré un visage très osseux à cause du manque de nourriture et une sorte de tristesse dans le regard que je lui ai toujours connu et qui n’a cessé de se faire plus évidente depuis quelque temps. Peut-être est-ce dû à la responsabilité de l’enfant qu’elle porte, responsabilité renforcée depuis quatre jours, depuis qu’elle est la future mère de l’une des rares progénitures du quartier. Responsabilité accompagné de la crainte d’un avenir incertain, totalement précarisé du fait des derniers événements et de la précarisation en général de la survie de la communauté toute entière.
Ce soir, Lyshça et moi serons relevés de notre garde par une autre équipe. Nous regagnerons l’aire résidentielle. Peut-être alors aurons nous des nouvelles des équipes d’investigations. Tout à l’heure, le groupe de contact est passé nous voir. C’est une équipe composée de quatre ou cinq personnes, équipées d’une mini radio, et qui reste en communication constante avec le centre de décisions. Ils font le tour des postes de garde pour s’assurer que tout se passe bien et prévenir le reste de la communauté en cas d’alerte. On leur a parlé des métarats. Ils étaient déjà au courant. Eux non plus ne savaient rien de l’avancement des recherches.

[Plus tard]
Environ trois heures après que le groupe de contact soit parti, on a eu de la visite… deux petits Trolls en goguette nous sont tombés dessus. Lyshça s’est débarrassée sans trop de problèmes de l’un d’entre eux. Pour moi… Et bien ça a été plus facile que je ne l’aurais cru !
J’ai laissé venir mon agresseur sur moi, comme on m’avait conseillé de le faire, et j’ai dirigé les canons de mon fusil dans sa direction… Quand il est arrivé à deux ou trois mètres de moi, j’ai pressé les détentes – les deux en même temps. Une gerbe de feu et de bouts de métal s’est abattue sur lui et l’a projeté contre un mur à l’autre bout de la pièce ! Oh, il n’était pas encore mort, mais il ne pouvait plus se relever. Lyshça l’a achevé d’un seul tir à bout portant.
Mais ce n’étaient que de jeunes Trolls. Ils sont encore très vulnérables. S’ils avaient été adultes, je doute que l’issue du combat aurait été la même. D’ailleurs, ça me fout les jetons… qu’est-ce qu’ils faisaient là ces deux miniatures de terreur ? Je suppose que d’autres plus gros ne sont pas loin… Vivement la relève.
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MessagePosté le: Mer 27 Aoû - 19:29 (2008)    Sujet du message: Journal d'apocalypse Répondre en citant

Lundi 27

Nous avons survécu à nos dernières heures de gardes. C’est triste de dire ça mais je suis content d’être rentré… Le groupe de contact a appelé tout à l’heure pour nous avertir que l’équipe qui nous avait remplacé avait été anéantie. Un autre poste a signaler la présence d’un Troll adulte dans les ruines au sud du quartier. Un groupe de chasse vient de partir. J’étais avec Lyshça quand nous avons appris le massacre. Ça m’a retourné, ça oui ! Mais elle s’est mise à pleurer. Crise de nerfs. Je ne l’avais jamais vu dans cette état. Elle ne parlait que du bébé. Qu’elle avait peur pour lui. J’ai essayé de la rassurer mais que peut-on dire de rassurant quand une voix, supportée par tous vos instincts d’être vivant, vous crie à l’intérieur de votre tête ON VA TOUS CREVER ?
Tout s’embrouille dans ma tête. Je ne suis plus sûr d’être encore moi-même. Ça devient vraiment compliqué de vivre ces temps-ci. Je ne parle pas seulement de survie, mais de morale aussi. Comment rester sain d’esprit dans ces conditions. J’ai l’impression, et je sais que c’est le sentiment général, d’être une bête acculée, forcée dans ses derniers retranchements. Je sens le poid de la mort à chacun de mes pas. Comme si chaque mouvement m’ôtait un peu plus la vie.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:41 (2018)    Sujet du message: Journal d'apocalypse

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